La sécurité selon Sarkozy

En ce mardi 21 Avril 2009 à Nice, Nicolas Sarkozy est revenu à ses fondamentaux et à son cocktail détonnant fait d’autoritarisme et du tout sécuritaire.

Il en a fait sa marque de fabrique depuis 2002 au ministère de l’intérieur, pour l’entretenir ensuite durant sa campagne présidentielle et puis enfin la conduire à l’Elysée ces deux dernières années.

L’approche du scrutin européen venant, l’inquiétude économique et la colère sociale nourrissant le rejet contre le gouvernement ; le président de la République remet sur la table un menu qu’il affectionne : celui du populisme !

A Nice, ville de son ami Christian Estrosi, le mardi 21 avril, fait exprès ; Nicolas Sarkozy a dénoncé les phénomènes de bandes violentes, le port de la cagoule dans les manifestations, et a martelé sa volonté de « passer à la vitesse supérieure » dans « la lutte contre les voyous et les délinquants » alimentant son aversion envers le pouvoir judiciaire en relançant la question controversée de la responsabilité des magistrats : « Je suis responsable, le commissaire est responsable, le professeur est responsable, le magistrat est responsable » pour mieux souligner, par antiphrase, que le magistrat ne l’est pas assez à ses yeux et qu’il entend y remédier par la loi.

Ces propos m’avaient alors apostrophé sur deux choses ; ma première remarque est politique : si le chef de l’Etat est « responsable », il est donc comptable des insuffisances et des impuissances de la politique sécuritaire menée depuis sept ans.

Très loin du bilan glorieux qu’il brandit, les chiffres sont éloquents : si les atteintes aux biens ont diminué de 22 % entre 2003 et 2008, les agressions contre les personnes ont progressé de 14 % et ce en dépit d’un arsenal invraisemblable de lois très souvent inapplicables.

Au lieu de l’autosatisfaction affichée, Nicolas Sarkozy devrait s’interroger sur la philosophie, la méthode et les moyens de la politique du tout sécuritaire qu’il conduit depuis 2002.

Ma deuxième remarque est d’ordre constitutionnel : la singularité de notre système politique fait que le président de la République n’est responsable devant personne ; la seule sanction qui le menace étant celle de l’opinion.

Or depuis son élection, Nicolas Sarkozy a établi une pratique exclusive du pouvoir présidentiel effaçant d’un coup d’un seul les attributions et le rôle d’un premier ministre inexistant car sans fonction réelle dévolue.

De ce fait, Nicolas Sarkozy a gommé l’obligation de l’exécutif de rendre des comptes devant les Assemblées élues. Attitude oh combien dangereuse ou pour tout dire, irresponsable.

Fabrice Frichet (G.E.Doubs)

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