Osons la refondation du MJS !

septembre 5, 2009

 

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Le congrès du MJS s’ouvre dans un contexte grave. Alors qu’une crise d’une ampleur exceptionnelle plonge l’économie mondiale dans le marasme, la social-démocratie constate, impuissante, son essoufflement et n’arrive plus à imposer sa grille d’analyse à des peuples qui lui ont massivement retiré leur confiance. Le résultat des européennes est la suite logique des défaites de 2002 et de 2007 et de notre incapacité collective à définir ce que nous sommes.

Cette défaite générale des sociaux démocrates en Europe surgit au moment au plus fort d’une crise systémique du système capitalisme et d’un modèle de croissance fondé sur la recherche de rentabilité à court terme. Dans ce contexte, nous assumons plus que jamais nos valeurs et nos combats passés. Mais nous constatons aussi le besoin de refondation de nos organisations. La refondation, cela ne peut-être la course au « plus jeune que moi tu meurs », la chasse aux éléphants et aux éléphantes, qui ne fait pas partie de nos sports favoris. Cela ne peut être non plus une mutation idéologique confondant modernisation et droitisation.

Refonder, c’est proposer une approche nouvelle, innovante mais fidèle à nos convictions. C’est aussi oser le bilan de quinze années d’existence du MJS, tirer les enseignements de nos erreurs collectives, et proposer un nouveau fonctionnement pour notre organisation. C’est pour cela que nous nous engageons dans ce congrès.

I/ Pour une social-écologie assumée

Depuis des années, les socialistes s’enferment dans un faux débat. Plus de libéralisme, moins de libéralisme ? Plus à gauche, moins à gauche ? Social-démocratie ou socialisme ? Ce type de débats ne nous a menés nulle part. Pour nous, le constat est radical : la social-démocratie est à bout de souffle. Il est temps de la dépasser. Il est temps que la social-écologie, dont nous nous revendiquons depuis 2002, devienne la nouvelle matrice de la gauche. Cela impliquera la remise en cause de notre conception de la richesse. La mise en place de nouveaux indicateurs de richesse sera le préalable à la révolution idéologique que nous proposons.

1/ Pour un nouvel ordre social international

Comme celles qui l’ont précédée, la crise actuelle démontre que dans un système capitaliste, les exigences sociales ne sont que contingentes et que salaires et emploi jouent systématiquement le rôle de variable d’ajustement en cas de choc. Nous ne pouvons nous contenter de proposer des solutions dans le système : c’est toute la logique du système qu’il faut changer.

Pour que l’ancrage territorial, la stabilité du capital et les conditions de travail du salarié deviennent des éléments significatifs dans les choix entrepreneuriaux, rénovons les processus de décision interne aux entreprises, en donnant une voix forte aux salariés. Quant à la puissance publique, elle doit retrouver son rôle de stratège en matière économique et industrielle, car pour sauver son modèle social, l’Europe doit d’abord sauver son économie. La puissance publique, nationale ou européenne, doit favoriser l’implantation d’industries sur nos territoires, faciliter le maintien de celles qui y sont déjà, et mener une politique globale allant dans le sens de plus d’innovation. Elle doit pouvoir bénéficier d’une « golden share » au capital d’entreprises stratégiques, afin de contrôler les choix importants en terme d’investissements et de localisation. Un service public bancaire doit être créé pour assurer, entre autres, le financement des PME. Nous proposons par ailleurs la création d’une coopération européenne de la recherche et de l’innovation, qui permette aux pays qui le souhaitent de mutualiser les moyens dans ce domaine.

La création d’un nouvel ordre social mondial passera par l’abandon d’un internationalisme angéliste. L’ouverture à tout crin du marché européen ne favorise ni les salariés européens, ni les salariés des pays émergents. La Chine, par exemple, considère aujourd’hui la faiblesse des salaires et des protections de ses travailleurs comme son atout majeur dans la compétition commerciale mondiale. C’est cette rente salariale qui alimente son fonds souverain, fer de lance du capitalisme chinois dans le monde. Ne l’encourageons pas à entretenir ce statu quo social. L’Europe doit mettre en place une politique commerciale qui enclenche une dynamique vertueuse de rattrapage social dans les pays émergents, soit en réactivant le tarif extérieur commun, soit en mettant en place un système de montants compensatoires discutés avec les pays exportateurs, et négociés en fonction d’engagements sociaux et environnementaux.

2/ Mettre l’écologie au cœur de la logique économique

L’environnement, justement. Il est faux de dire que les socialistes ne s’en préoccupent pas. Depuis des années, le volet environnemental est le passage obligé de tous les textes que nous écrivons. Le problème, c’est que l’écologie reste cantonnée à sa place de volet, alors qu’elle devrait être un principe transversal sous-tendant toutes nos politiques. Inversement, les mesures écologiques devraient systématiquement prendre en compte la question sociale. La question écologique mériterait à elle seule une contribution entière. Contentons nous d’esquisser ici quelques propositions :

  • Un plan massif d’économies d’énergies centré sur l’isolation des logements et la relocalisation des activités économiques.
  • Le développement des transports collectifs et du fret ferroviaire.
  • Une diversification énergétique visant à réduire notre dépendance à la fois vis-à-vis des hydrocarbures et du nucléaire.
  • La mise en place d’une fiscalité écologique pour les entreprises.
  • La création de services publics européens pour la gestion de l’eau et des ressources énergétiques. Dans un premier temps, cela pourra passer par une coopération renforcée entre les Etats volontaires : la Communauté européenne pour l’énergie et la Communauté européenne pour l’eau serviront de tremplin à une politique commune de l’environnement.

3/ Les valeurs républicaines au fondement de notre idéologie

Les socialistes ont laissé tomber leur combat fondateur, celui de l’égalité. Diversité, modernité, parité : autant de concepts apparemment plus « vendeurs », plus télégéniques, et ô combien moins complexes à défendre ! Sauf qu’en reléguant l’égalité au rang de valeur comme une autre, le socialisme a perdu sa boussole, sa feuille de route, bref…son ambition. Renouer avec cette ambition, c’est renouer avec le modèle républicain. Les valeurs de la République sont exigeantes. Liberté, égalité, fraternité, laïcité, autant de principes porteurs d’histoires mais qui restent plus que jamais nécessaires dans une société qui tend vers la glorification des particularismes au détriment de l’intérêt général et du bien commun.

C’est d’abord dans l’école publique laïque que nous devons réaffirmer ces valeurs. Redonner à l’institution scolaire sa place centrale et réaffirmer son rôle premier dans la formation de citoyens dotés de sens critique et à la conscience éveillée à l’égard des conditionnements sociaux ou communautaires est un impératif. L’Etat doit mieux assumer le rôle éducatif qui est le sien. Toute sous-traitance en la matière est inacceptable, car elle remet en cause l’égalité des chances. A cet égard, nous nous opposons à tout financement public des établissements privés, y compris sous contrat. Au nom de quoi ceux qui choisissent de contourner la carte scolaire et d’ignorer l’école républicaine devraient-ils bénéficier d’une subvention publique ?

Dans un contexte où les stratégies privées tendent à s’imposer, il est urgent de renforcer l’égalité des chances. En refaisant de la carte scolaire un vrai facteur de mixité sociale. En renforçant les moyens octroyés aux ZEP. En développant une politique préventive de lutte contre l’échec scolaire. Mais aussi en remettant au goût du jour un système d’internats, pour mettre fin aux inégalités naissant des conditions de logement.

Remettre l’égalité républicaine au cœur du débat politique et de notre projet est un préalable pour faire face à la crise actuelle. Un emploi, un logement, un savoir la promesse républicaine doit être tenue. Il faut redonner du sens à cette République en laquelle nos concitoyens perdent confiance, comme en témoignent les forts taux d’abstention qui marquent de manière persistante les scrutins électoraux. Réinventer les modalités du débat démocratique, modifier profondément nos manières de faire de la politique, remédier à la dérive présidentialiste en remettant le Parlement au cœur du régime, autant de mesures qui pourront permettre de raviver l’adhésion et la confiance des citoyens.

II/ Quinze ans d’éléphanteaux, et maintenant ?

Sans refondation des structures, nous ne serons pas en mesure de porter cette refondation idéologique. Il est temps de tirer un bilan de quinze ans d’existence de notre mouvement. Ce n’est qu’en reconnaissant collectivement nos erreurs que nous arriverons à construire une nouvelle organisation de jeunesse, utile à la famille socialiste.

1/ Donnons du sens à l’autonomie, balayons les pratiques d’un autre temps

15 ans d’autonomie, 15 ans de mimétisme. Le MJS semblait avoir conquis son autonomie, nous sommes en fait en plein brouillard. Si l’autonomie revient copier les disfonctionnements du parti, elle est inutile à notre cause commune. Pourtant force est de constater que le MJS depuis 15 ans ne fait qu’appliquer les pratiques peu glorieuses de nos aînés. Quelques exemples ? Soyons honnêtes et courageux entre nous : verrouillage de l’appareil, décisions arbitraires de certains, manque d’écoute des différentes sensibilités, fédérations aliénées quand celles-ci ne rentrent pas dans le rang, cartes ou matériels non envoyés aux fédérations issues des minorités. On pourrait allonger la liste.

La majorité du MJS est inchangée depuis 1993, et l’on connaît 6 mois avant le congrès le nom du futur président de l’organisation. Qui pourrait se satisfaire d’une telle situation ? L’autonomie devra dorénavant être mise au service de l’ouverture de l’organisation, d’un fonctionnement plus transparent et surtout plus collaboratif avec toute la gauche. Nous proposons ainsi de lui donner un sens véritable, qu’elle n’a pas encore connu, et dès ce congrès. Nous ne voulons pas être de jeunes clones mais des jeunes socialistes responsables en capacité d’être précurseurs sur certains sujets, à la pointe du rassemblement de la gauche.

Nous prenons la part qui nous revient dans ce bilan. Aucune sensibilité n’a la légitimité pour endosser le rôle du chevalier blanc, car chacune a, à un moment ou à un autre, participé à la perpétuation de ce mode de fonctionnement. Le constat est violent, y compris pour nous-mêmes. Mais si nous ne le faisons pas, alors il n’y a aucune raison pour que les choses évoluent.

2/ Clarifions notre rôle dans la famille de gauche

L’organisation de jeunesse des socialistes doit trouver sa place dans la famille de gauche. Quel est son rôle, par rapport au Parti socialiste et aux autres organisations de jeunesse, politiques, syndicales ou associatives ? Voilà la question clé que nous devons nous poser ensemble.

Etre le PS des petits n’a pas de sens. Notre organisation doit retrouver ses spécificités. Il n’a pas vocation, comme son aîné, à construire un programme de gouvernement. En revanche, il doit être une boîte à idées, un lieu de bouillonnement intellectuel. Surtout, il doit être capable de porter quelques grands combats identitaires et identifiés. Il y a eu l’allocation autonomie dans le passé. Travaillons lors du prochain mandat sur quelques grandes thématiques, redéfinissons nos priorités, devenons une force de proposition incontournable dans notre famille politique.

Le paysage des organisations de jeunesse de gauche est largement fragmenté. Si nous ne dépassons pas nos cadres actuels, nous resterons inaudibles. Le MJS doit prendre l’initiative du dialogue à gauche, mais pas uniquement entre les états-majors. Le rassemblement de la gauche doit se faire aussi, et peut-être surtout, au niveau local, entre les militants.

3/ Reconstruisons notre organisation

Pour mener à bien ce travail ambitieux, l’organisation de jeunesse socialiste doit être profondément transformée. Toutes les étapes de la vie du militant doivent être étudiées, depuis l’adhésion, aujourd’hui souvent impossible pour une jeune qui n’est pas déjà familiarisé avec nos réseaux, jusqu’aux modes de désignation de nos instances, à tous les niveaux, en passant par nos modes de débat et de militantisme.

Le congrès qui s’ouvre est d’une importance majeure. Nous y participerons pleinement, avec la volonté d’apporter toute notre part à la nécessaire refondation de notre organisation. C’est avec confiance que nous voulons nous y engager. Confiance et lucidité. Nous entendons les discours et prenons note des engagements. Mais nous jugerons sur pièce. La manière dont sera mené le congrès déterminera largement la réussite du prochain mandat. Si les militants sont respectés, dans leur volonté d’adhésion, de participation et d’expression, ce sera un signe fort pour la suite, le signe que les jeunes socialistes peuvent dépasser les querelles de chapelle pour travailler collectivement à la refondation de la gauche. Ensemble, faisons ce pari !


9 mai, fête de l’Europe: Génération égalité lance un appel pour les européennes

mai 9, 2009

Européennes : changeons la donne

 

 

tracteuropevotezEn juin 2009, les Européens voteront pour élire leurs représentants au Parlement européen. L’Europe, ces dernières années, n’a pas réussi à démontrer sa capacité à répondre aux attentes de ces citoyens. Pire, elle a souvent servi d’excuse aux responsables politiques nationaux pour justifier des politiques ultra-libérales aux effets dévastateurs. L’Europe ne peut plus, ne doit plus servir de prétexte à renoncer à certaines de nos exigences. Non, le démantèlement des protections sociales, la déréglementation des marchés, la casse des services publics ne sont pas moins graves quand ils sont défendus par Barroso que quand ils sont portés par Sarkozy. L’Europe de la droite correspond aussi peu à notre idéal que la France de l’UMP.

C’est en tant que socialistes que nous devons peser dans le rapport de force que les libéraux, eux, assument parfaitement. Politiser l’Europe, européaniser la politique, c’est en ce sens que nous nous engageons. Les élections de juin sont une occasion donnée aux forces de progrès de reprendre la main. Nous, militants de Génération Egalité, appelons les jeunes socialistes européens à s’engager massivement à nos côtés pour promouvoir une autre Europe. Plus d’Europe pour une meilleure Europe, voilà notre combat. Autour de trois objectifs politiques, nous avançons quelques propositions fortes :

Faire de l’Europe un cadre privilégié de l’intervention de la puissance publique :

-en créant une Communauté européenne de la Recherche et de l’Innovation avec les pays qui le souhaitent, en utilisant la voie d’une coopération renforcée.

-en augmentant fortement le budget européen, qui ne représente aujourd’hui que 1% du PIB de l’Union, notamment en ouvrant la possibilité de l’emprunt européen, aujourd’hui interdit par les traités.

-en adoptant des mesures de protection commerciale fondées sur des critères sociaux et environnementaux pour décourager les pays émergents de choisir un mode de développement favorisant le dumping social et environnemental.

S’engager pour la social-écologie au niveau européen :

-en réorientant les politiques économiques et monétaires dans le sens d’un développement vert et partagé.

-en progressant vers l’harmonisation sociale et fiscale grâce à la mise en place d’une clause de sauvegarde sociale qui interdise qu’une directive européenne puisse avoir pour conséquence un recul social dans un pays membre, et en définissant un salaire minimum européen.

-en créant une Communauté européenne de l’énergie pour les pays qui le souhaitent.

Avancer vers une Europe politique qui doit devenir une Europe-puissance :

-grâce à une grande refonte démocratique du système. C’est par la démocratie que les grandes luttes sociales aboutissent. Ce n’est qu’à partir du moment où le Parlement européen verra ses pouvoir augmentés, et que la Commission émanera de sa majorité qu’une réorientation pourra avoir lieu.

-en favorisant les groupes pionniers d’Etat. L’idée d’une « Europe des trois cercles », au centre de laquelle un groupe moteur d’Etats euro-volontaires peut avancer plus rapidement que les autres dans l’intégration européenne, est plus que jamais pertinente.

-en développant la défense européenne, grâce à la mise en commun des capacités militaires des pays les plus euro-volontaires.

Pour signer l’appel, merci d’envoyer un mail à contact@generationegalite.fr


Rencontre avec Laurent Fabius sur le thème: « Quelle Europe après le 7 juin 2009? »

mai 6, 2009

arton1160Le lundi 18 mai 2009 à 19h au Wagon vert à Rouen, le Mouvement des Jeunes Socialistes de Seine Maritime vous propose, en association avec Génération égalité, une rencontre avec Laurent Fabius autour de la question : « quelle Europe après le 7 juin 2009 ? ».


Une campagne qui ne dit pas son nom

mai 5, 2009
Notre camarade Mathieu Durquety est candidat suppléant pour les élections européennes, sur la liste Grand Ouest du PS. Il nous donne son sentiment sur la campagne.

Notre camarade Mathieu Durquety est candidat suppléant pour les élections européennes, sur la liste Grand Ouest du PS. Il nous donne son sentiment sur la campagne.

Les semaines passent et se ressemblent, dans cinq semaines les jeux seront faits et pourtant peu de nos concitoyens semblent concernés par le scrutin des élections européennes.

Ce sixième renouvellement du parlement de Strasbourg, dont tout le monde semble ignorer jusqu’à la date (7/06/2009) risque d’apparaitre comme l’échéance électorale ayant connu la plus faible participation.

La crise que connait la France aujourd’hui provoque un désir de réponse immédiate chez nos compatriotes. Alors qu’à longueur de marchés et de sorties d’entreprises nous évoquons la prochaine mandature européenne et l’impérieuse nécessité de tendre vers une majorité de « gauche » au parlement ; invariablement la réponse est, reste et demeure : « oui mais demain… »

Difficile également de défendre face aux mondes de la pêche et de l’agriculture une Europe plus solidaire et de fait d’accepter une PAC moins généreuse et des quotas qui peuvent paraitre injustes.

Finalement, la campagne a trouvé son symbole : des éclats de rire, d’une représentante du gouvernement et candidate elle-même en position éligible (Mme Dati), dont le côté décalé n’avait d’égale que l’irrespect envers ses interlocuteurs.

Nombre de militants déplorent le manque de retours sur le travail de nos élus au parlement européen. Au cours des cinq dernières années combien de sections socialistes(en dehors du traité) ont mis à l’ordre du jour et ce, de manière régulière, l’actualité politique de l’union (sans doute trop peu)?

Il n’y a rien de plus efficace en termes de vecteur de communication qu’un militant informé ; aussi il nous faudra à l’avenir en tenir compte sans attendre cinq ans.

Depuis le meeting de Toulouse le parti socialiste a retrouvé le chemin de l’unité en concentrant ses tirs contre Nicolas Sarkozy, José manuel  Barroso et Silvio Berlusconi. Comme l’a rappelé notre première secrétaire Martine Aubry nous devons appeler à un vote sanction et d’action.

SANCTION, car la politique libérale européenne dispose du soutien indéfectible du président de la république.

Si les listes UMP/NOUVEAU CENTRE devaient arriver en tête au soir du 7 juin prochain on ne manquera pas de souligner le satisfecit envers l’ «  l’inaction »du  gouvernement et  l’hyper-agitation de Nicolas Sarkozy.

ACTION car pour la première fois depuis trente ans,  les socialistes européens disposent d’une même plate forme programmatique : « le manifesto »Ce projet porté collectivement par l’ensemble des partis sociaux démocrates et socialistes européens est symbole d’unité donc de force. Les engagements pris en matière d’un plan de relance ambitieux à la hauteur des enjeux, en faveur d’un pacte européen pour le progrès social (salaire minimum, directive portant sur les services publics universels, harmonisation fiscale et sociale etc …)dans le cadre d’une économie réelle doivent par notre campagne trouver une traduction électorale et capter l’adhésion d’ une majorité de nos compatriotes. Point de salut dans le vote protestataire sans portée majoritaire, seul le vote socialiste  est capable de changer le cours de notre union et de se montrer à la hauteur de l’enjeu.

Enfin, je viens d’apprendre que le gouvernement par souci tactique s’apprête à proposer une fermeture du bureau de vote à 18h00 contrairement à l’usage (20h00), une raison de plus d’aller voter !

Mathieu Durquety (G.E.Vendée), Candidat suppléant, Liste grand ouest du PS


Le 7 juin, je vote!

mai 4, 2009

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Les Ardennes face à la crise

mai 4, 2009

Aucune contestation possible. Les Ardennes sont le premier département touché par cette crise financière.
L’économie du département repose principalement sur l’industrie automobile dont PSA est le plus gros employeur, un secteur qui va très mal.
Ce ne sont pas les mesurettes du gouvernement qui vont rassurer les ardennais qui souffrent déjà. PSA délocalise une partie de la production. Les menaces qui pèsent sur Vistéon (sous traitant de FORD) ne sont pas là pour rassurer.
La crise sociale n’est pas arrivée ces derniers mois. Elle s’est aggravée.
Quand le revenu moyen est de 1 300€, quand la CAF a plus de 5000 dossiers en retard, quand, en mars, le taux de chômage atteint 10,3%, ce ne sont pas les miettes que Sarkozy a proposées qu’il nous faut, c’est une véritable plan de relance qu’il faut mettre en place.
Symbole de la campagne de Sarkozy pendant laquelle il a prétendu venir parler à la France qui souffre, les Ardennes attendent encore que ce gouvernement nous regarde une fois la campagne finie.
En attendant, un Ardennais quitte chaque jour son département et 5000 personnes se retrouvent lors des mobilisations sans qu’aucune réponse ne leur soit donnée.

 

Florian Glay (G.E.08)


Projet de loi HPST : un texte inacceptable et bien loin des enjeux

mai 4, 2009

Le projet de loi Hôpital, Patients, Santé et Territoire a été voté le 18 mars 2009 dernier à l’Assemblée nationale. Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, présente un texte attrappe-tout et confus, qui entend à la fois réformer la gouvernance de l’hôpital, l’organisation territoriale des soins ou encore le pilotage de la politique de santé publique.

Disons d’emblée que la logique globale de ce texte est une logique comptable visant à faire des économies à marche forcée tant sur les personnels médicaux que sur la consommation médicale des patients. Remarquons aussi que, sur la méthode, la procédure d’urgence a été déclenchée. Elle a pour effet de ne permettre qu’une seule lecture par chambre. Le gouvernement se rend donc coupable de confisquer en partie le débat démocratique sur des questions fondamentales.

Ce texte doit interpeller les socialistes pour plusieurs raisons:

–          Ce texte institue une nouvelle dérégulation du système de santé :

Concentration des pouvoirs à l’hôpital public. Le texte renforce les pouvoirs des directeurs généraux qui auront vocation à devenir les véritables « patrons » de l’hôpital (conformément à l’injonction formulée par le Président de la République). Surtout, ces directeurs pourront être recrutés dans le secteur privé et auront clairement pour feuille de route de gérer les hôpitaux comme des chefs d’entreprises. Malgré leurs qualités, les gestionnaires que sont les directeurs d’hôpitaux ne sont pas qualifiés pour juger des aptitudes médicales des personnels soignants. De plus, on imagine mal comment l’hôpital pourrait être géré sans les soignants sans risquer blocages et crispations ; la collégialité doit être le principe de gouvernance de l’hôpital.

La mise en concurrence des hôpitaux publics entre eux est institutionnalisée : les hôpitaux rencontrant des difficultés de recrutement de médecins pourront proposer des contrats spécifiques et des rémunérations généreuses. Certes, cette pratique existe déjà dans certains hôpitaux en Région, qui rémunèrent des remplaçants à prix d’or. Mais il s’agit véritablement d’inscrire dans la loi une pratique scandaleuse qui a pour effet d’une part d’individualiser la rémunération des praticiens hospitaliers et d’autre part de discriminer les hôpitaux moins attractifs ou moins bien dotés financièrement.

Convergence à marge forcée du public et du privé. Les missions de services publics pourront être confiées aussi bien aux hôpitaux publics qu’aux cliniques privées. Cette disposition repose sur le dogme selon lequel le secteur privé sera plus efficient que l’hôpital public. Toute comparaison entre les deux est biaisée : les cliniques privées ne sont, par nature, pas confrontées aux mêmes contraintes (en termes de publics, de pathologies, de pénurie du personnel…) que l’hôpital. Donnons plutôt à l’hôpital, qui s’adresse à chacun sans discrimination,  des moyens matériels ambitieux plutôt que d’organiser sciemment son naufrage.

De même, on peut remarquer que l’Etat ne joue pas son rôle en matière de politique du médicament : rien n’est envisagé pour lutter contre le caractère anticoncurrentiel des stratégies mises en œuvre par les laboratoires pour entraver le développement des médicaments génériques.

–          Ce texte évacue totalement la question centrale de la continuité des soins

Le problème de la démographie médicale n’est pas traité à la hauteur des enjeux. A l’heure actuelle, la répartition territoriale des professionnels de santé est très inégale (la Picardie compte 260 généralistes et spécialistes pour 100000 habitants alors que la région PACA en compte 419 par exemple). Cette situation, couplée au départ annoncé en retraite de nombreux praticiens (10% dans les années à venir), créé une intolérable situation d’injustice dans l’accès aux soins. Le gouvernement se contente d’actions incitatives, alors nous devons exiger des règles plus contraignantes, comme le plafonnement des nouvelles installations dans les zones surdotées en professionnels de santé (cette mesure vient d’être négociée avec les infirmières libérales, mais le gouvernement a abandonné sa transposition aux médecins face au lobby de leurs syndicats).

La question des dépassements d’honoraire est totalement escamotée. Ces dépassements ont doublé en 15 ans face à la dérégulation des tarifs médicaux, orchestré sous la pression des lobby des syndicats de médecins. Certaines mutuelles refusent, afin de ne pas cautionner cette dérive, de rembourser les dépassements d’honoraires. Ils représentent désormais 2 milliards d’euros (à comparer aux 18 milliards perçus par les médecins généralistes et spécialistes). Ajoutés aux franchises médicales, ces dépassements d’honoraires constituent un barrage à l’égalité d’accès à des soins de qualité.

Par ailleurs, le gouvernement propose la création de « communautés hospitalières de territoire », qui vise à spécialiser certains établissements et à mettre les hôpitaux en réseau. Ce concept pourrait être intéressant si on ne lisait pas en filigrane l’arrière-pensée du gouvernement visant une « rationalisation » de la carte hospitalière. La crainte de la fermeture d’hôpitaux de proximité, ruraux en particulier, est forte. De plus, on peut regretter que cette communauté hospitalière ne crée pas de ponts avec la médecine de ville, dans le cadre de maisons de santé par exemple.

 

–          La prévention n’est abordée qu’à la marge.

L’interdiction des open-bar a eu beaucoup d’écho dans les médias. Mais comment ne pas trouver contradictoire l’autorisation de la publicité pour le vin sur internet ? De même, alors que le développement de l’éducation à la santé représente un enjeu majeur d’une politique moderne de santé publique, la loi, se contente de déclarations d’intention sur le sujet ; notamment la création (éventuelle !) d’un fonds national pour le développement de l’éducation thérapeutique du patient doit faire l’objet d’un rapport, remis au parlement pour le décembre 2010…Enfin, alors que les crédits de la médecine préventive universitaire ont été massivement réduits depuis sept ans, celle-ci est encore une fois la grande oubliée de ce gouvernement.

La santé a bien entendu un coût et il n’est pas anormal de chercher à rendre le système de santé le plus efficace possible. Mais ce texte s’inscrit plus largement dans une stratégie court-termiste et libérale qui a pour effet de casser le service public. Elle rompt avec le principe d’universalité et de solidarité nationale qui fondent le service public de la santé depuis 1945. Alors que chacun doit pouvoir bénéficier du système selon ses besoins, cette politique conditionne le droit à la santé à la fois financièrement et géographiquement. Par conséquent, sous couvert de « responsabilisation » des usagers du service public de santé, elle n’a que pour effet d’écarter les plus précaires du système de soins. C’est précisément ce qui nous est insupportable et que nous devons combattre.

Tony Chesneau (G.E. Paris)